déNégation

Lancinante tristesse, ennemie de chaque soir
J’ai perdu des années en tuant mon bonheur
En noyant ma sagesse dans une source tarie, noire
J’ai été fataliste, prête à boire à toute heure
Oubliant les caresses et les promesses d’espoir

Allégresse accablante, déboires insoumis
Passé décomposé qui me faisait horreur
D’une jeunesse trop souffrante face au destin noirci
J’ai été nihiliste, me croyant supérieure
Existence exaltante que je n’ai pas choisie

Dégradante faiblesse, amie du désespoir
Tu m’as tant torturée en me rendant meilleure
Je l’étais dans l’ivresse, craignant de décevoir
Mais j’étais une artiste pour mon plus grand malheur
Avec délicatesse j’écrivais mon histoire

Et par le poids des mots, je rendais dérisoire
Le fardeau d’un passé qui jouait au fossoyeur
Étouffant mes sanglots devant un ostensoir
J’étais comme l’exorciste des moralisateurs
Et par le poids des mots, j’écrasais leur savoir

Glaçante poétesse, alliée sublimatoire
La tristesse m’a quittée sans m’accorder l’honneur
De chasser mon ivresse, acolyte de mes soirs
J’étais si égoïste que je tuais les heures
Négligeant mes promesses au prix d’un purgatoire

Maladresses consolantes, blasphématoires, impies
Imparfait contrefait inhérent au malheur
De ma jeunesse mourante, qui revivait ainsi
J’ai été pessimiste pour mieux sortir vainqueure
Gaieté trop attrayante d’une plume adoucie

Enivrante caresse, adepte de l’espoir
Par la fatalité, ils voulaient que je meure
Que je tue ma tristesse, et toutes mes idées noires
J’ai été défaitiste, mais j’attendais mon heure
Que ma plume éclatante soit à votre merci

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